David Gilmour - Remember That Night, Live At The Royal Albert Hall (septembre 2007)
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C'était en 1968, lorsque Pink Floyd jouait pour la première et unique fois de leur carrière au prestigieux Royal Albert Hall. Les deux canons de Waterloo utilisés lors du titre « A Saucerful of secrets » les bannirent à vie de la salle de Londres ! Près de quarante années se sont écoulées depuis et comme le précise David Gilmour lui même: « Although like prison sentences, life did not mean life ». Mai 2006, peu de temps après la sortie de « On an Island », voici donc l'artiste et son groupe de retour pour trois concerts mémorables dont l'un nous est présenté aujourd'hui sur ce double DVD sobrement intitulé « Remember That Night, David Gilmour Live At The Royal Albert Hall ».

Un tel DVD mériterait une offre de la part des commerçants: un écran de haute dimension ainsi qu'un ensemble audio Home Cinema offert pour l'achat du disque ! Hélas, je n'ai pas encore trouvé de boutiques voulant bien appliquer mon idée... Les chiens ! Car il serait vraiment dommage pour les fans de visionner ce concert sur un vulgaire petit écran de PC accompagné de petites enceintes. Ceci dit, sans être du dernier cri, mon équipement audio visuel est bien satisfaisant et je vais donc pouvoir profiter pleinement des qualités du son et l'image. N'ayant pu assister à la dernière tournée de l'artiste, je serai spectateur dans mon salon et si un DVD n'égalera jamais un concert vécu il est toutefois plus que recommandable de vous procurer prestement celui ci tant la qualité est une fois de plus au rendez vous ! Une édition double DVD accompagné d'un livret d'une dizaine de feuillets regroupant photos et articles de presse ainsi que d'autres souvenirs comme tickets de concert, l'organisation de la setlist et classement billboard... Un premier DVD consacré exclusivement au concert sous ces trois formes: en intégralité, en deux parties distinctes et enfin avec possibilité de choisir la chanson voulue. Le second DVD nous réservant divers bonus comme nous le verrons un peu plus tard.

Présenté comme étant le concert le plus personnel de Gilmour, il est un peu surprenant de voir que celui-ci débute par trois titres du « Dark Side Of The Moon »: « Speak to Me », « Breathe » et « Time » alors que celui-ci aurait très bien pu s'ouvrir sur l'instrumental « Castellorizon ». Peu importe, David Gilmour ne joue maintenant plus que les titres dont il a envie de jouer. Et ce pour notre plus grand bonheur car tous parfaitement exécutés avec la plus grande perfection qu'il soit ! Lap steel guitar posé sur les genoux et le voici parti pour près de 2h30 de musique.

L'option sous titres en diverses et nombreuses langues nous permettent de saisir et de comprendre les paroles de David. Peu utile lors du concert pour celui ayant quelques notions d'anglais, elle le sera toutefois pour la partie bonus. David Gilmour nous présente donc son nouvel album « On An Island » qui sera joué entièrement. Acclamé par la plupart des critiques, cet album prend encore plus d'ampleur joué sur scène. Certes le light show fait de looping, de faisceau, de halo et de laser est éblouissant mais ne fait pas tout ! On reconnaît un excellent morceau de musique lorsque celui-ci parvient à vous faire fermer les yeux et oublier tout ce qui se passe autour de vous. Le divin « Smile » par exemple... Point d'effet de fatigue mais de se plonger dans une ambiance des plus intimes. Intime, cette première partie du concert le sera et la musique jouée primera dès lors sur le visuel pourtant bien présent.

Émotion et fierté. Le privilège de jouer avec Gilmour n'est pas offert à tous et on devine aisément chez Crosby & Nash tout le plaisir qu'ils ont eu à venir porter leurs voix sur quelques titres. Il faut voir Graham Nash admiratif devant le jeu de guitare de Gilmour et battre plusieurs fois la mesure. Saisissant sur « The Blue » toute en finesse, leurs voix en parfait accord avec l'ensemble des musiciens. Une présence bien réelle et non futile tout comme celle de Robert Wyatt qui apparaît sur son fauteuil roulant pour jouer du cornet à pistons sur « Then I Close My Eyes ». Le musicien n'avait pas joué sur scène depuis plus de 30 ans ! L'émotion est une fois de plus bien palpable. On assiste plus à un concert de partage entre amis et grands musiciens qu'à une simple exécution de style. Même si la maîtrise est toujours de rigueur lorsque Gilmour saisit sa guitare ou nous livre quelques notes issues de son saxophone ! L'artiste nous présente alors un à un ses musiciens choisis non pas par hasard mais parce qu'ils ont forcement du talent: Phil Manzanera qui a aidé à produire le dernier album (guitare et voix), Jon Carin qui a joué au Live Aid en 1985 (claviers, lap steel guitar, programmation et voix), Guy Pratt (basse, guitare et voix), Steve DiStanislao emprunté à Crosby & Nash (batterie et voix), Dick Parry avec lequel David à joué adolescent et présent sur Dark Side Of The Moon et Wish You Were Here (Saxophone et claviers) et bien évidemment le fidèle Richard Wright aux claviers et voix. La dynamique du son (Dolby 2.0 ou 5.1) permet amplement de bien profiter de chacun des instruments et tous distinctement. Un titre comme « Take A Breath », pas le meilleur titre de l'album, envoie tout valdinguer dans votre salon. Les enceintes poussées à un haut niveau sonore et ce n'est que du pur bonheur. Surtout lorsque le titre est accompagné d'un terrible light show aux effets saccadés des plus efficaces !

Intelligemment bien filmé, les caméras nous offrent tantôt des vues d'ensemble sur le groupe entier, tantôt de gros plans sur tel ou tel musicien. Quelques vues également sur la salle (ah ce fameux lustre...) et le public. Rien de trop ! Aucun effet virtuel agaçant les yeux et c'est tant mieux, n'aimant guère les films flirtant tantôt avec les couleurs, tantôt avec le noir ou proposant des effets de l'image lassant le spectateur à la longue. Un écran aux larges dimensions permet évidemment de saisir toute la grandeur des éclairages comme ceux de « Take A Breath », ce magnifique laser rouge et nuageux sur « A Pocketful of Stones » ou un peu plus tard sur les effets virtuels rythmant la seconde partie du morceau « Echoes ».

Après « Where we start » qui clôture la première partie du concert, David Gilmour annonce une pause de 20 minutes. Un petit bonhomme de figuration se promène çi et là sur l'écran en guise d'intermission et on pourrait se demander alors s'il va se promener ici pendant vingt minutes durant. Et bien non ! La seconde partie du concert peut alors commencer. Consacrée cette fois ci à des morceaux plus connus essentiellement tirés de la discographie de Pink Floyd. Il est étonnant que David Gilmour n'ait pas proposé deux ou trois titres de ses deux anciens albums solos. Nous ne nous plaindrons pas tellement cette seconde partie va nous offrir encore d'excellents moments.

« Shine On You Crazy Diamond » est l'un de mes titres préférés et c'est dans une interprétation toute en retenue, épurée et poignante, que se lancent Gilmour, Crosby & Nash. Peut être une des plus belles versions qu'il m'ait été donné d'entendre, les trois voix s'envolant littéralement dans les cieux. Syd Barret décédera deux mois plus tard... Le solo de saxophone joué par Dick Parry est une fois de plus grandiose et nous invite à nouveau à fermer les yeux. Une ovation lui sera d'ailleurs réservée à la fin du morceau. « Fat Old Sun », « Coming Back To Life » avant que ne survienne « High Hopes » et sa cloche teintée. Une très belle version aussi avec cette fin acoustique.

Le clou du spectacle est forcement ces vingt minutes offertes par « Echoes ». Ils sont rares aujourd'hui les groupes pouvant se permettre d'inclure dans un concert un titre d'une telle durée et de captiver ainsi l'auditorat du début à la fin. Mais « Echoes » est bien plus qu'un simple morceau de musique. Véritable création artistique et sonore, un chef d'oeuvre musical ! Le moment explose en sa seconde partie et c'est un déluge de sons et de lumières qui envahit alors le salon. Tout simplement phénoménal !

La fin du concert sur un « Wish you Were here » classique. Crosby et Nash reviennent interpréter un de leurs titres « Find The Cost Of Freedom » a capela. Joli mais on préférera l'arrivée de Monsieur David Bowie s'appropriant alors « Arnold Layne ». Le morceau aurait très bien pu être écrit par l'artiste d'ailleurs tellement le morceau est musicalement proche des premières compositions de Bowie. « Comfortably Numb » et une fois encore Bowie parvient à nous surprendre. Cette voix... Gilmour et son solo de guitare ne parviendra pas à me faire oublier toutefois celui de la tournée « Division Bell » (Montpellier, Espace Grammont) où les larmes avaient coulé sur la plupart des joues des spectateurs !

Du plaisir tout simplement ! En toute sérénité, Gilmour et ses musiciens nous ont donné le meilleur d'eux même. Probablement le projet le plus personnel de toute la carrière de Gilmour et celui qui lui aura procuré le plus de satisfaction... "A Night To Remember" !


Les bonus du second DVD:

Musique:

Performances from the Royal Albert Hall:
1. Wot’s… Uh The Deal 2. Dominoes 3. Wearing The Inside Out (featuring Richard Wright) 4. Arnold Layne (featuring Richard Wright) 5. Comfortably Numb (featuring Richard Wright)

Performance from the Summer Tour 2006: Dark Globe (Hommage à Syd Barret, morceau tiré du premier album solo de S.B. :The Madcap Laughs. Gilmour ne l'avait jamais joué auparavant et jamais répété) Un bonus caché (Echoes en acoustique) suit.

Recorded at Abbey Road Studios: Astronomy Domine

Performance from the AOL Sessions: This Heaven

Performances from the BBC Mermaid Theatre concert:
1.Castellorizon 2. On An Island 3. The Blue 4. Take A Breath 5. High Hopes

Vidéos de « On an Island » et « Smile »

Island Jam 2007: une petite impro de Gilmour et de quelques uns de ses musiciens.

Documentaires:

Breaking Bread, Drinking Wine(dirigé et filmé par Gavin Helder) : De loin, le plus intéressant des bonus. 45 minutes filmées lors de la tournée. Certaines scènes interactives (apparition d'une petite effigie à l'écran) Répétitions aux studios Brays dans lequel répète également dans une pièce voisine Roger Waters ! Une brève rencontre de politesse et invitation de Polly à venir les voir « J'essayerai » répondra Waters... Et chacun de partir d'un côté...

Ce documentaire nous montre un Gilmour plus apaisé que jamais. Famille, femme (la très belle Polly) et ses enfants de voyage avec le groupe. La bonne ambiance est de mise et, à soixante ans passé, relancer l'infernale machine que fut Pink Floyd est désormais inimaginable ! Gilmour aspire désormais à des projets plus personnels, sans artifice. Faire la musique qu'il aime, jouer ce dont il a envie. « Donner des concerts de temps en temps, çà fait du bien à l'âme »

Des souvenirs du passé lorsque Pink Floyd fut interdit de jouer au Royal Albert Hall et de retrouver 40 ans après Richard Wright jouant sur l'orgue de la salle. David Bowie plaisantant et se rajeunissant considérablement en s'inventant un passé de fan du groupe Pink Floyd (Bowie du même âge que Gilmour n'a pu, comme il le prétend, découvrir les Pink Floyd à l'âge de 7 ans avec ses parents...)

Quelques arrêts dans les villes de la tournée et on sent là aussi que celles-ci n'ont pas été choisi au hasard ! Des lieux magnifiques tels que l'amphithéâtre de Vienne, la place Santa Croce de Florence ou la place Saint-Marc à Venise... La chaleur et la pluie, les retards. Un problème de structure et le report du concert de Venise qui se fera sous un orage...

Intéressante la partie sur le jeu sonore de verre. Gilmour & Co s'essayant lors d'un repas d'anniversaire à reproduire divers sons. Plus tard de les expérimenter lors d 'un concert sur « Shine On... » . Plus tard encore de rencontrer dans les rues de Venise un artiste de rue pratiquant la discipline et de l'inviter ainsi à venir jouer sur scène avec le groupe !

La dernière partie du reportage nous montrant un Gilmour impliqué dans des projets caritatifs. Une partie de la recette du concert de Venise donnée à l'association Emergency venant en aide aux enfants et civils blessés en guerre. « On the turning away » joué en improvisation. La ville polonaise de Gdansk ensuite et sa rencontre avec Lech Walesa. Un concert donné le 26e anniversaire de Solidarité, démocratie et liberté. Un orchestre symphonique accompagnera le groupe qui jouera pour l'occasion « A Great Day For Freedom », titre de circonstance non joué depuis 1994.

The Making of « On An Island »: D'une durée d'environ 18 minutes. Dans son studio établi sur sa péniche à Hampton, David Gilmour évoque la conception et l'élaboration de son album. Son meilleur album depuis 30 ans nous confiera t-il... Un projet personnel. Des démos datant de plus de 10 ans. Sa rencontre avec Crosby & Nash. Polly présente une fois de plus, le morceau « Where we start » écrit pour son cadeau d'anniversaire... Vidéos d'enregistrement de l'album montrant Gilmour à la guitare ou au saxophone, l'orchestre symphonique, Robert Wyatt jouant du cornet...

The West Coast : 5 minutes environ. Le moins intéressant des bonus constitué principalement d'images de coulisses lors de la tournée américaine.

Photo gallery : Diverses photos (live, studio, portrait) prises par Polly

Crédits
 
par Stéphane
24 septembre 2007

DVD 1 :
1. Speak To Me
2. Breathe
3. Time
4. Breathe (reprise)
5. Castellorizon
6. On An Island (feat. Crosby & Nash)
7. The Blue (feat. Crosby & Nash)
8. Red Sky At Night
9. This Heaven
10. Then I Close My eyes (feat. Robert Wyatt)
11. Smile
12. Take A Breath
13. A Pocketful Of Stones
14. Where We Start
15. Shine On You Crazy Diamond (feat. Crosby & Nash)
16. Fat Old Sun
17. Coming Back To Life
18. High Hopes
19. Echoes
20. Wish You Were Here
21. Find The Cost Of Freedom (feat. Crosby & Nash)
22. Arnold Layne (feat. David Bowie)
23. Comfortably Numbs (feat. David Bowie)
DVD 2 :
13 Bonus tracks musicaux (cf chronique pour détails)
Trois documentaires
2 clips
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